Publié par : urbancultureqc | décembre 7, 2009

La misère de Noël

Je devrais être en train de compléter un travail d’écriture, mais je n’ai qu’une seule chose en tête.

Avec les premières neiges qui tombent, doucement, j’ai en tête les odeurs de mon enfance. La maison qui sentait bon la cannelle, le girofle et la vanille. Je me rappelle de la neige qui fondait sur le sapin qu’on venait de rentrer, l’odeur des branches se dépliant doucement dans le salon, au son du bois crépitant dans le foyer.

Mais avec les premières neiges qui tombent, doucement, le temps est aussi plus froid. Il y a plus de gens dans le métro. Oui…il y a plus de gens dans la station de métro, plus de gens qui y dorment….

Des gens qui y dorment, à moitié habillés, avec des sacs en plastiques, qui nous servent, à nous, à ramener nos achats des fêtes…avec des boîtes de carton, dans lesquelles on met nos cadeaux sous l’arbre.

Mon coeur se brise en morceaux quand je les vois tous, hommes, femmes, jeunes et beaucoup moins jeunes…je leur donnerai la Lune, et tout mon portefeuille si ma logique, et mon statut d’étudiante endettée, ne me l’empêchaient. Et quand mon imagination s’en mêle, c’est mes yeux qui n’en peuvent plus de retenir les larmes. Je pense à ce qu’ils doivent se dire, tous, quand ils me voient passer avec mon joli manteau et mes bottes, un chocolat chaud dans une main, un cellulaire dans l’autre. Qu’est-ce qu’ils se disent quand je n’ai rien de plus à répondre à leur désespoir qu’un piètre sourire désolé?

Et ce n’est pas seulement lorsque les flocons envahissent le ciel montréalais que la pauvreté et la solitude existent! Ce n’est pas seulement pendant ce temps de l’année où nous trépignons d’impatience, tous, pour rejoindre notre famille et faire la fête, dans l’abondance! Non! surtout pas…c’est tous les jours de l’année, qu’il fasse chaud ou terriblement froid. La seule différence est que lorsque dehors c’est congelé, et que la chaleur devient une question de vie ou de mort, ils rentrent dans nos espaces publics ( nos…espaces publics, car la police les en expulse…) ils sont là, étendus devant nos yeux de citoyens nantis, tentant de trouver un peu de sommeil dans leur corps glacé, couchés dans le dépanneur du coin, dans la station de métro, dans notre café favori.

Dans toute sa vulgarité.

La pauvreté s’expose quand il fait froid.

Encore ce matin, moi, avec toute ma chance, tout mon argent, toute ma nourriture, tous les gens qui m’entourent et qui m’aiment, tous mes vêtements et toute la chaleur de mon petit appartement du centre-ville (nommez-les!)…j’ai trouvé le tour de maugréer un peu…parce que je devais me lever tôt.

Dieu!

Alors qu’en entrant dans la station de métro, j’ai dû fermer les yeux sur trois grands corps d’homme, étendus par terre, cherchant un peu de chaleur. Fermer les yeux parce que je ne le supportais pas. Trop de misère. Trop de froid. Trop de solitude se dégageait de ces hommes.  Trop de peine se dégageait de moi.

Le temps des fêtes est en soi une bonne raison pour donner, s’il en est une! je lance un défi. Faites tous et toutes un geste. Un geste pour donner le sourire. Un geste chaleureux. Un tout petit geste parce que nous, on peut le faire. Penser à ce que nous vivrons à Noël, avec nos amis et nos familles, c’est penser à ce qu’ils n’auront pas.

Je vous souhaite donc une bonne action!

E.

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